
Au Royaume-Uni, le premier appel à projets du fonds d'accès RICHeS (Research Infrastructure for Conservation and Heritage Science) vient de doter 43 organisations de plus de 500 000 livres sterling (environ 600 000 euros). L'objectif ? Permettre à des structures culturelles de toutes tailles d'accéder à des infrastructures scientifiques de pointe pour étudier et préserver leurs collections.
Pour de nombreux musées de taille modeste, centres d’archives locaux, associations patrimoniales ou chercheurs indépendants, l’accès aux technologies d’analyse de pointe (imagerie avancée, caractérisation physico-chimique, etc.) reste souvent un horizon lointain. Faute de budgets, de réseaux ou d’affiliations universitaires, de riches collections échappent ainsi à des investigations scientifiques qui permettraient pourtant d’en révéler tous les secrets.
C’est pour briser ces barrières que le programme britannique RICHeS, soutenu par l’UKRI (UK Research and Innovation), a lancé son premier Access Fund.
La force de cette initiative réside dans la diversité des bénéficiaires retenus pour cette première campagne. Parmi les 43 projets lauréats répartis dans les quatre nations du Royaume-Uni, on retrouve bien sûr des universités, mais surtout une grande variété d’acteurs de terrain : musées locaux, bibliothèques, associations citoyennes, restaurateurs indépendants et artistes.
Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit d’une première collaboration avec de grands laboratoires de recherche en sciences du patrimoine. Le fonds prend en charge les coûts d’accès aux infrastructures et aux expertises du réseau RICHeS, évitant ainsi aux petites structures d’avoir à porter seules le poids financier et administratif de telles démarches.
Grâce à ce soutien, les projets lauréats vont pouvoir s’engager dans plusieurs directions clés pour l’avenir du patrimoine :
L’analyse scientifique d’objets et de sites : utilisation de techniques d’imagerie et d’analyses non destructives pour révéler des informations invisibles à l’œil nu (textes effacés, couches picturales sous-jacentes, composition des matériaux).
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique portée à l’échelle européenne par E-RIHS (European Research Infrastructure for Heritage Science), qui vise à structurer un espace de recherche intégré et accessible pour les sciences du patrimoine.
En favorisant une recherche plus inclusive et ancrée dans les territoires, le fonds d’accès RICHeS démontre que la haute technologie scientifique n’est pas l’apanage des grands musées nationaux. Elle constitue un levier de valorisation territoriale et de transmission culturelle indispensable pour l’ensemble du tissu patrimonial.