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06.07.26

Inclusion transgenre : les musées britanniques adaptent leurs guides face aux évolutions juridiques

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Au Royaume-Uni, l'évolution du cadre réglementaire pousse les professionnels de la culture à réévaluer leurs pratiques d’accueil. Début juillet 2026, l’équipe du projet Trans-Inclusive Culture de l’Université de Leicester a annoncé la mise à jour de son guide déontologique destiné aux musées et aux institutions patrimoniales. Cette révision technique fait suite à la publication par la Commission pour l'égalité et les droits de l'homme (EHRC) d’un nouveau projet de code de conduite.

Ce remaniement s’inscrit dans un contexte juridique complexe outre-Manche. En avril 2025, la Cour suprême britannique a statué que les notions légales de « femme », d’« homme » et de « sexe » au sein de la loi sur l’égalité (Equality Act 2010) se référaient exclusivement au sexe biologique. C’est pour s’aligner sur cette décision que l’EHRC a publié, en mai dernier, une mouture révisée de ses directives à destination des services publics, un texte actuellement examiné par le Parlement. Bien que la majorité du guide sectoriel reste inchangée, l’équipe de Leicester a jugé nécessaire de reformuler certains aspects éthiques et pratiques pour protéger les établissements.

Un climat de confusion et d'incertitude pour les professionnels

Loin d’apporter la clarté attendue par les gestionnaires de lieux publics, les nouvelles orientations de la commission nationale ont suscité de vives inquiétudes et de nombreuses interrogations sur le terrain. Les concepteurs du guide de l’Université de Leicester soulignent qu’il subsiste une incertitude considérable quant à la manière d’appliquer ces directives officielles tout en maintenant les engagements de longue date des musées en faveur de l’inclusion de tous les publics. De plus, les spécialistes anticipent une instabilité prolongée en raison des contestations judiciaires probables devant les tribunaux britanniques.

L’ajustement le plus notable du document concerne la gestion des installations sanitaires. Auparavant, le guide recommandait de laisser le libre choix aux personnes d’utiliser les toilettes dans lesquelles elles se sentaient le plus à l’aise. Désormais, pour concilier respect des usagers et conformité juridique, la recommandation incite plutôt les musées à proposer, partout où cela est matériellement possible, des toilettes individuelles à usage unique, accessibles à l’ensemble des visiteurs et des personnels. Une étude de cas pratique concernant la signalétique dans les espaces restreints a également été retirée pour éviter tout risque juridique.

Maintenir le cap de l'égalité malgré les contraintes

Malgré les écueils que ces modifications législatives imposent aux ambitions d’ouverture des établissements culturels, les porteurs du projet rappellent que les musées disposent encore d’une marge de manœuvre majeure pour faire progresser l’égalité, conformément à leurs obligations légales de service public. Richard Sandell, codirecteur du Centre de recherche sur les musées et les galeries de Leicester, insiste sur le fait que ce travail est plus crucial que jamais. Selon lui, les responsables culturels, les équipes et les conseils d’administration doivent continuer à coopérer pour bâtir une culture institutionnelle bienveillante.

L’enjeu dépasse la simple gestion des infrastructures logistiques. Pour les experts, la mission des musées réside aussi dans leur capacité à nouer des partenariats éthiques avec les minorités, à assurer la sécurité des visiteurs issus des communautés transgenres ainsi que celle de leurs proches, et à concevoir des récits muséographiques capables de contrer la désinformation. Les porteurs de cette initiative, appuyés par un réseau d’experts juridiques, assurent qu’ils continueront de faire évoluer leurs outils méthodologiques au rythme des futures décisions de justice, afin d’accompagner au mieux les équipes de terrain dans leurs stratégies d’accueil.

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