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01.07.26

L’ICOM adopte son nouveau Code de déontologie pour les musées

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Vingt-deux ans après sa dernière révision majeure en 2004, le Conseil international des musées (ICOM) vient de franchir une étape historique. Le 25 juin 2026, lors de sa 41e Assemblée générale ordinaire à Paris, l'organisation a officiellement adopté la version révisée de son Code de déontologie pour les musées, validée à une large majorité de 85,90 % des voix.

Ce vote marque l’aboutissement d’un processus participatif intense de plus de quatre ans initié en 2020. Piloté par le Comité permanent pour l’éthique de l’ICOM (ETHCOM), ce chantier de refonte a mobilisé 114 comités nationaux et internationaux, des alliances régionales et des organisations affiliées à travers le monde. L’objectif de cette mise à jour est d’aligner le cadre éthique mondial de la profession avec la nouvelle définition du musée adoptée à Prague en 2022, tout en répondant aux transformations profondes de notre époque.

Un texte refondu autour de cinq grands principes directeurs

Alors que la version précédente s’articulait autour de huit piliers, le Code de déontologie de 2026 synthétise les standards professionnels minimaux et les valeurs de la communauté muséale internationale en cinq principes cardinaux.

Le premier principe concerne la gouvernance et rappelle le statut d’institutions permanentes et à but non lucratif des musées, engageant la responsabilité des instances dirigeantes dans la viabilité financière, physique et humaine des établissements. Le deuxième axe insiste sur le professionnalisme des équipes, exigeant des normes éthiques strictes pour maintenir la confiance du public, notamment face à l’émergence des technologies numériques où l’évaluation des bénéfices ne doit générer aucun préjudice. L’éducation constitue le troisième pilier, définissant le musée comme un espace d’expériences diversifiées voué au partage des connaissances et à la réflexion. Le quatrième principe ancre le musée au cœur de la société, stipulant qu’il doit être un espace accessible, inclusif, luttant activement contre le racisme systémique tout en promouvant la justice sociale et les droits humains. Enfin, le cinquième volet encadre la gestion des collections, de l’acquisition à la recherche, en mettant l’accent sur le respect des droits des communautés sources et la transparence concernant les objets sensibles.

Répondre aux urgences contemporaines : climat, décolonialisme et IA

Ce nouveau code ne se contente pas de dépoussiérer les règles de bonne conduite de la profession, il intègre de plein fouet les crises interconnectées du XXIe siècle.

Le texte formule ainsi des exigences claires face à l’urgence climatique, poussant les institutions à adopter des pratiques de durabilité environnementale et d’écoresponsabilité fortes. La question des legs coloniaux y est également traitée de manière plus frontale, en incitant à des collaborations horizontales et respectueuses avec les peuples autochtones et les communautés d’origine pour la gestion et l’éventuelle restitution des biens culturels. Enfin, le code pose les premiers jalons éthiques face à l’essor de l’intelligence artificielle et des mutations numériques, responsabilisant les équipes sur leur usage au quotidien.

Flexibilité et mise en pratique

Conscient de l’extrême diversité des contextes juridiques, culturels et financiers des musées à l’échelle de la planète, l’ICOM précise que ce code offre un cadre universel mais flexible. Il sera très prochainement complété par des guides pratiques d’application pour accompagner les professionnels sur le terrain.

Pour le réseau des musées et des centres de culture scientifique et technique, ce texte propose une boussole essentielle pour interroger nos pratiques de médiation, de gouvernance et de relation aux publics dans un monde en transition.

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