Bilan de la Trilogie des Rencontres francophones nouvelles technologies et institutions muséales (
1998 — 2000)

Trois organismes, trois années, trois pays. Une cible commune : favoriser l’appropriation des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) par les professionnels des institutions muséales.

À l’automne 1996, des représentants de l’Office de coopération et d’information muséographiques de France (OCIM), du Ministère de la Communauté française de Belgique (CFB) et de la Société des musées québécois (SMQ) discutent d’un projet de rencontres qui aborderait la question des NTIC dans le milieu muséal francophone. Un an plus tard, un comité de travail est mis sur pied. L’OCIM relève le défi de lancer les Rencontres francophones nouvelles technologies et institutions muséales à Dijon, en mars 1998. La trilogie se poursuivra avec brio à Montréal en septembre 1999 et à Bruxelles en octobre 2000.

Trois organismes, trois années, trois pays. Un partenariat unique et durable duquel émerge une dynamique allant bien au-delà d’une série de rencontres internationales dans trois pays différents.

Combler un besoin

Développées dans et par d'autres secteurs, évoluant à grande vitesse, les nouvelles technologies n'ont pas encore été apprivoisées par la plupart des institutions muséales de la francophonie, particulièrement celles de petites et de moyennes tailles. C’est cette prémisse qui, en 1997, a servi de leitmotiv au développement et à la définition des objectifs de l’événement.

Force fut de constater qu’il existait un important fossé sur le plan de l’appropriation de l’utilisation des NTIC par les professionnels des grandes institutions muséales et les autres. C’est à partir de ce constat que la clientèle cible fut identifiée : celle des professionnels des petites et moyennes institutions muséales de la francophonie.

Des besoins spécifiques de la clientèle ont immergé quatre objectifs qui sous-tendent l’ensemble de l’événement et autour desquels la programmation a été définie.

  • Présenter des initiatives issues de collaborations régionales, nationales et internationales sur le plan de l’utilisation des nouvelles technologies par les petites et moyennes institutions muséales ;

  • Favoriser l’appropriation des nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) par les professionnels du secteur pour les utiliser dans les différentes fonctions muséales ;

  • Susciter des actions conjointes en matière de diffusion électronique de contenus francophones sur les réseaux internationaux d’échange d’information ;

  • Faire état des initiatives de rapprochement entre les institutions d’enseignement et les institutions muséales.

Dès le début, les Rencontres francophones nouvelles technologies et institutions muséales se sont présentées comme un lieu de rendez-vous, sous la forme d’ateliers conviviaux, où les professionnels du secteur se renseignent sur les utilisations possibles des NTIC tout en esquissant des projets de partenariats et des liens d’affaires.

Dessiner un projet

À la fois formation et lieu d’échange de savoirs, l’événement a pris forme autour d’un noyau d’ateliers concomitants, repris sur deux ou trois jours afin de permettre aux participants d’assister à un maximum de présentations. À ces ateliers se sont greffés conférences d’ouverture, séances plénières, Cybermusée®, Place des Technologies et, selon les années, ateliers ou visites in situ, Espace Experts, Espace Affiche et Bourse @fiche, sans oublier quelques événements officiels ou festifs.

Pour arrêter le contenu en fonction des priorités identifiées, des grilles d’analyse ont été développées en collaboration avec des comités scientifiques (ou comités de programme). C’est également avec l’aide de ces comités que les sujets à traiter ont été identifiés et les conférenciers choisis. Pour assurer des contenus représentatifs des différentes communautés francophones, les ateliers regroupaient généralement trois intervenants provenant de trois pays francophones différents — souvent la France, le Québec et la Belgique francophone. Dirigé par un animateur du pays hôte des Rencontres, une importante plage de temps était réservée dans chaque atelier aux échanges avec la salle. Cette structure aura non seulement assuré une meilleure mise en commun des expériences mais aura également suscité les rencontres et favorisé la création de liens de partenariat entre institutions muséales et avec des entreprises. Au total, 213 conférenciers et animateurs ont fourni expertises et conseils dans les différents ateliers au cours des trois Rencontres.

Ces Rencontres sur les nouvelles technologies de l’information et des communications n’auraient pas été complètes sans la possibilité de consultation de productions multimédias. C’est le rôle qu’a joué le Cybermusée ®, un espace non commercial mis à disposition des participants désireux d’explorer cédéroms, sites Internet et bornes réalisés par ou avec des institutions muséales ou patrimoniales. En tout, quelque 470 productions francophones originales y ont été présentées.

Parallèlement, la Place des Technologies a servi de lieu d’échanges entre les participants et les entreprises et organismes spécialisés en muséologie, en muséographie et en productions multimédias. Elle a réuni 68 exposants en trois ans. Vingt-cinq organismes de la France, 31 du Québec et du Canada, 11 de la Belgique et 1 des Pays-Bas ont tenu un stand à la Place des Technologies et y ont fait connaître leur expertise.

Les internautes ont d’ailleurs pu suivre l’évolution des Rencontres de Dijon, Montréal et Bruxelles sur le Web. La liste des partenaires, le programme, les projets spéciaux et bien d’autres éléments étaient mis en ligne au fur et à mesure qu’ils devenaient disponibles. Un site mémoire sera en ligne sous peu et proposera entre autres certains des textes des conférenciers, les bilans annuels et la liste des partenaires des trois années.

Constater les impacts

Les Rencontres francophones nouvelles technologies et institutions muséales sont maintenant derrière nous. Elles sont cependant beaucoup plus qu’un souvenir. Les retombées les plus importantes touchent l’accroissement sensible des liens nationaux et internationaux au sein de la communauté muséale francophone. À titre d’exemple, lors des Rencontres de Montréal, 38 % des répondants à un formulaire d’évaluation ont souligné y avoir amorcé des projets de partenariat. En 2000 à Bruxelles, on dénombre un total de 43 projets d’échange d’expertise, de collaborations et d’établissement de relations d’affaires issues de la présence aux Troisièmes Rencontres des 15 participants québécois qui ont déposé des rapports de mission à la SMQ.

En tout, plus de 1 300 personnes ont participé aux Rencontres de Dijon, Montréal et Bruxelles. Nous avons dénombré la présence de 541 Français, 432 Canadiens (la grande majorité étant Québécois), 283 Belges, 26 Suisses et Luxembourgeois et 10 Africains. À ces chiffres s’ajoutent 42 personnes ayant assisté à une visioconférence diffusée en direct à Québec, Montréal et Parentville depuis Dijon en 1998.

Les distances séparant Montréal de Dijon et de Bruxelles constituaient une barrière qu’il fallait surmonter pour maximiser le potentiel de collaborations multilatérales. Dans cette optique, les organisateurs on réussi à aider quelque 96 personnes à assister aux Rencontres. Parmi ce nombre, 16 ont participé à un projet soutenu par l’Agence Québec Wallonie Bruxelles pour la Jeunesse. Ce projet a permis la mise en place d’un groupe de travail bilatéral rassemblant 16 jeunes participants belges francophones et québécois répartis en deux cellules, une mandatée pour effectuer un travail d’analyse comparative sur l’évolution des nouvelles technologies dans le sillage des trois Rencontres et une seconde chargée de réaliser des cyber-reportages en direct lors des Rencontres de Montréal, puis de Bruxelles.

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