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Qu’est-ce que l’humain ?

Jeudi 5 février 2009 10:00-16:00 - Auditorium de la Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris

Journée HEC - Conférences

Jeudi 5 février 2009 de 10h à 16h

> 10H - 11H30, à l’auditorium
- L’animal humain
Elisabeth de Fontenay,
philosophe, maître de conférences honoraire à l’université Paris-I, membre du Comité d’éthique de l’Inserm

> 11H30 - 13H
- Diversité génétique humaine et "races"
Bertrand Jordan,
généticien, directeur de recherche au CNRS

L’humanité est-elle séparée en races différentes ? Vérité scientifique au XIXe et durant une bonne partie de XXe, cette affirmation a été battue en brèche après la 2e guerre mondiale, en réaction aux crimes nazis et dans une perspective antiraciste. Au cours des dernières décennies, la biologie a nié la pertinence même de la question au motif que tous les humains auraient en commun 99,9% de leur patrimoine génétique. Pourtant, les avancées toutes récentes de la génétique nuancent cette affirmation, et montrent l’existence de différenciations héréditaires stables. Au-delà des seules apparences (couleur de peau, chevelure, etc.), il est ainsi possible de remonter depuis l’ADN jusqu’aux origines géographiques lointaines des individus, de préciser leur ascendance (souvent mixte), et parfois d’expliquer leur vulnérabilité à certaines maladies.

Certes, les groupes ainsi repérés ont des limites floues, leur diversité interne est élevée, et aucun classement hiérarchique ne peut être justifié à partir de ces éléments. Les « races », au sens classique du terme, n’existent effectivement pas. Néanmoins la pluralité humaine, telle que l’on peut l’appréhender avec des techniques très récentes, est plus grande et plus subtile que l’on n’a voulu le croire. Il n’en est que plus important de bien comprendre ces résultats afin d’éviter toute interprétation abusive : c’est le but visé par cette conférence.

> 14H30 - 16H, à l’auditorium
- Les primates qui savent penser sans mots
Bernard Thierry,
primatologue, chercheur au CNRS, équipe d’éthologie des primates, département d’Ecologie, Physiologie, Ethologie

La théorie de l’évolution nous apprend que l’être humain trouve son origine parmi les primates. Mais nous sommes ceux qui ne savent plus penser sans mots. Nous nous sommes éloignés de l’état de nature et les êtres qui ont parcouru le chemin qui mène de l’animal à l’être humain, les australopithèques et leurs successeurs hominiens, ne sont plus là pour en témoigner. Pour nous comprendre, il faut connaître les singes. Darwin écrit que la différence d’esprit entre l’homme et les animaux supérieurs est immense, mais il ajoute que cette différence est de degré et non de nature. Y a-t-il continuité ou rupture entre les singes et l’être humain ? Les philosophes puis les anthropologues ont longtemps recherché les caractères qui nous distinguent des animaux. Pouvons-nous parler de raison, de culture, de politique, de morale ou d’économie chez les singes ? Depuis un demi-siècle, l’étude des primates non humains apporte des réponses à ces questions. J’exposerai les principaux résultats de la primatologie concernant les facultés cognitives, les échanges, les traditions et les organisations sociales des singes.

Renseignements :
Cité des Sciences et de l’Industrie
30, avenue Corentin-Cariou
75930 Paris cedex 19

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Publié le 30 janvier 2009

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