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Mutations contemporaines des musées : un espace public à revisiter ?

Du 4 Au 5 juin 2009 - Toulouse

Colloque organisé à Toulouse les 4 et 5 juin 2009 par l’IDETCOM (université des Sciences sociales Toulouse 1)

L’article L-410.1 du Code du Patrimoine définit le musée comme « toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public ». Cette définition donne du musée une vision patrimoniale un peu figée, qui ne prend guère en compte les substantielles évolutions en cours. Les musées sont confrontés aujourd’hui à des interrogations, voire des mutations majeures concernant leurs modes de gestion, leur statut, leur insertion territoriale, leur relation au public, leurs dispositifs de médiation et de valorisation.

Le colloque Mutations contemporaines des musées : un espace public à revisiter ?organisé à Toulouse les 4 et 5 juin 2009 par l’IDETCOM (université des Sciences sociales Toulouse 1) se propose d’analyser ces évolutions dans leurs dimensions institutionnelles, territoriales, historiques ou communicationnelles car il apparaît que c’est le devenir même des institutions muséales qui est en jeu tant au niveau national qu’international. _ Ces mutations sont-elles de nature à opérer une rupture épistémologique dans la définition même du musée ? La réponse à cette question doit se fonder sur une approche résolument pluridisciplinaire s’appuyant sur le droit et les sciences de l’information et de la communication mais également l’histoire, l’économie, la gestion ou la sociologie… Le colloque sera organisé autour de quatre axes de recherche.

- Les logiques institutionnelles et les territoires
À travers la création de l’appellation « Musée de France » le législateur par la loi du 4 janvier 2002 a tenté de donner une unité aux institutions qui en faisaient la demande. Il convient d’interroger ce label : quels effets juridiques, quels effets communicationnels produit-il ? Par ailleurs le processus de décentralisation a réactivé d’une part les compétences des collectivités territoriales et d’autre part les rôles des stratégies territoriales en légitimant l’intervention des collectivités territoriales autour du postulat de la proximité. _ Les musées apparaissent comme les fers de lance du développement local. _ Par une architecture conçue comme un véritable processus communicationnel, par les expositions temporaires, les musées deviennent-ils des marqueurs territoriaux qui identifient les territoires voire qui les recomposent ?

- La gestion contemporaine des musées
Les musées présentent à un large public des collections qui sont souvent la propriété de l’État ou des collectivités territoriales. Mais le musée est-il l’apanage du secteur public ? Constitue-t-il par nature un service public ? Quels sont les avantages et utilités de confier leur constitution ou leur gestion à des personnes privées ou des établissements publics de coopération culturelle ?
Les musées sont de plus en plus soumis à une logique de rentabilité. De quelle autonomie un musée dispose-t-il à cette fin ? Ce nouvel objectif remet-il en cause les missions fondatrices de conservation et d’exposition ? Quels peuvent être alors les stratégies et modes de gestion des collections publiques en matière d’acquisition, de vente ou d’échange face au principe de l’inaliénabilité de celles-là ?
Le marketing semble devenir inhérent à cette activité clef pour le secteur du tourisme. Quelle exploitation faire des oeuvres au travers de produits dérivés (affiches, cartes, numérisation…) ? Comment respecter les droits de création et de repentir des artistes ? Quelles précautions prendre quand l’artiste n’est pas identifié ?
De plus en plus d’auteurs souhaitent par ailleurs placer leurs œuvres dans le cadre des licences creative commons. Quels sont à terme les effets de cette nouvelle pratique sur la définition de l’œuvre elle-même, éventuellement écrite à plusieurs voix et jamais achevée ?

- Les nouvelles formes de médiations
Les dispositifs de médiations culturelles ont connu de profonds bouleversements ces dernières années. Les thématiques présentées étant de nature toujours plus variée, les musées et les expositions temporaires font l’objet de mises en scène sans cesse renouvelées, qui jouent sur le sensoriel et intègrent fréquemment des dispositifs multimédias. Comment penser l’espace extérieur (architecture et insertion du bâtiment) et intérieur de ces musées (comme une succession de salles ou un cheminement ouvert…) ? Le cadre d’exposition est-il au service des oeuvres exposées ou constitue-t-il en soi une oeuvre autonome, parfois aux dépens des contenus présentés ? Attirer un public toujours plus nombreux, au moyen de dispositifs esthétiques ou ludiques inattendus, semble en effet être la priorité de nombreuses institutions muséales et l’effort d’adaptation aux attentes des publics reste constant. On assiste à une multiplication des méthodes visant à intégrer le public au centre du dispositif. Quel est alors le statut de ce public, tour à tour spectateur ou acteur du dispositif muséal ? Comment s’approprie t-il les dispositifs proposés ?
Par ailleurs, comment les dispositifs de médiation culturelle s’inscrivent-ils dans les logiques institutionnelles ? On peut observer de nombreuses interactions entre les dispositifs de médiation culturelle et leur encadrement juridiques. La loi sur le mécénat, dite loi Aillagon du 1er août 2003, a par exemple développé l’implication d’acteurs du secteur privé tels que les clubs d’entreprises et les fondations d’entreprises. Ces derniers induisent-ils de nouvelles formes de sociabilité par rapport aux acteurs traditionnels (société d’amis) ? Qu’advient-il, dans ce contexte, du « contrat de communication » implicite entre l’institution et le public ?

- L’international
La mondialisation semble concerner tous les domaines de la culture. Ainsi en va-t-il désormais des musées. Ceux-ci se voient assigner de nouvelles missions en termes de valorisation financière. Les musées se retrouvent ainsi placés au cœur de l’économie de l’immatériel ou considérés comme des « marques ». Cette évolution induit de nouveaux modes de gestion tels que la création de France muséums ou de l’Agence internationale des musées. Le récent Accord entre les gouvernements des Émirats arabes unis et de la France est au cœur des débats sur les enjeux de l’internationalisation des musées : s’agit-il d’une « délocalisation-marchandisation » des musées ou d’une « universalisation des oeuvres d’art » ?
En somme, la politique de l’internationalisation de ce qu’on appelle « les musées super stars » pose, entre autres, les questions relatives aux approches de ladite politique et à l’effectivité de la mission universelle des musées. Ces interrogations sont intimement liées aux dispositifs juridiques de l’UNESCO portant sur la propriété des oeuvres d’art, sur la question de leur restitution aux pays sources et sur la diversité culturelle.

Renseignements :
Martine Corral-Regourd
Université de Sciences sociales Toulouse 1
2 rue du Doyen-Gabriel-Marty
31042 Toulouse cedex
martine.regourd@univ-tlse1.fr


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Publié le 13 janvier 2009

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