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Le musée du Sel de Salins-les-Bains a ouvert ses portes au public le 1er mai dernier.
Intégré aux Salines de Salins-les-Bains – site majeur du patrimoine industriel national, classé Monuments Historiques et inscrit depuis le 27 juin dernier sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO –, il permet de découvrir l’histoire du site et de l’exploitation du sel en Franche-Comté du Néolithique à nos jours. En effet, Salins-les-Bains doit sa prospérité à l’exploitation et à la commercialisation du sel, extrait pendant plus de 1 200 ans de ses sous-sols : au Moyen Âge, les salines employaient environ huit cents sauniers, voituriers, bûcherons, tonneliers et maréchaux. À la fin du XVIIIe siècle, pour faire face aux difficultés et aux coûts d’approvisionnement en bois, la construction d’une nouvelle saline Royale est confiée à Claude-Nicolas Ledoux, en bordure de la forêt de Chaux, à Arc-et-Senans : la saumure de Salins y était alors quotidiennement transportée par un « saumoduc » en bois long de 21 kilomètres.
Au-delà de la restauration du bâtiment historique, de nouveaux espaces d’exposition ont été aménagés. Ils complètent la visite des galeries souterraines, où une pompe actionnée par une roue à augets fonctionne encore et la découverte de la dernière poêle conservée en France, en cours de restauration et utilisée pour produire le sel par évaporation de la saumure. Ils ouvrent des perspectives sur les magasins des sels, jusqu’ici inaccessibles au public, et valorisent le site dans une ville chargée d’histoire. Des galeries souterraines aux magasins des sels, en passant par la salle des poêles, le nouveau parcours de visite guide le public tout au long des étapes de transformation du sel. L’ensemble permet désormais de restituer l’ampleur du site à l’époque florissante de « l’or blanc ». Entre exposition permanente, objets et témoignages inédits, commentaires sonores et projection de films, le musée du Sel aborde de nouvelles thématiques : d’où vient le sel ? Comment est-il exploité dans le monde ? Qu’est-ce que le métier de saunier ? À quand remonte l’exploitation du sel à Salins-les-Bains ?
Le chantier, qui mobilise de multiples compétence (archéologues, architectes, restaurateurs du patrimoine…) compte trois phases de travaux s’échelonnant sur plusieurs années. Après l’ouverture du musée, il s’agira ensuite de poursuivre l’aménagement des galeries souterraines et du logement du puits d’Amont (ancien casino), d’organiser des expositions permanentes supplémentaires et de mettre en place des espaces pédagogiques… Ainsi organisé, le musée du Sel devrait permettre d’accueillir à terme 60 à 80 000 visiteurs annuels.
Porté par la ville de Salins-les-Bains, le projet de musée a reçu le soutien de l’Union européenne, de l’État, de la Région Franche-Comté et du Conseil général du Jura. La conservation et la valorisation des collections, ainsi que la conduite scientifique du projet sont placées sous l’autorité des musées des Techniques et Cultures comtoises (www.musees-des-techniques.org) qui fédère un réseau de 11 sites, musées ou entreprises en activité, répartis dans toute la Franche-Comté et œuvrant dans le domaine de la conservation et de la valorisation du patrimoine technique, industriel et ethnologique : Verrerie-Cristallerie de Passavant-la-Rochère, écomusée du pays de la Cerise de Fougerolles, musée de la mine Marcel Maulini de Ronchamp, forge-musée d’Etueffont, musée Japy de Beaucourt, Taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne, Salines de Salins-les-Bains, musée de la lunette de Morez, musée de la boissellerie de Bois d’Amont, musée du jouet de Moirans-en-Montagne, forges de Syam.
Renseignements :
Musées des Techniques et Cultures comtoises
Estelle Morfin
téléphone + 33 3 84 73 22 04
e.morfin@musees-des-techniques.org
Publié le 21 juillet 2009
