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Depuis le 28 septembre 2009, le site du centre historique minier de Lewarde est classé au titre des Monuments historiques. Il s’agit d’un classement global qui comprend non seulement les bâtiments et les machines de l’ancienne fosse Delloye, mais également les constructions contemporaines du centre historique minier.
La fosse Delloye est le premier objet de collection du site. Construits de 1927 à 1931, les bâtiments bénéficient d’un soin particulier de la part de la Compagnie des mines d’Aniche. Ils sont là aussi pour témoigner de la toute puissance de l’entreprise. Sur le carreau, les bâtiments sont construits à partir des matériaux traditionnels régionaux. Des jeux de briques blanches et rouges animent les façades. Les pignons sont ornés d’une frise découpée en forme de V et d’œils-de-bœuf décoratifs. Du grand bâtiment, où se trouvent les bureaux, les salles de bains, l’infirmerie et la lampisterie, part la passerelle du personnel. Elle rejoint deux autres bâtiments qui abritent les machines d’extraction et la salle des compresseurs. À leurs sommets, les chevalements sont construits en poutrelles métalliques. La Compagnie d’Aniche a soigné leur apparence. Les campaniles en forme de pagode chinoise sont couverts de plaques de zinc festonnées et affichent le nom de Delloye.
Il s’agit en fait d’une vaste campagne de protection au titre des Monuments historiques qui a été mise en place par l’État via la Direction régionale des Affaires culturelles : près de 70 sites du bassin minier, chevalements, bâtiments de fosse, bureaux, écoles, habitations… ont été présentés en juin dernier à la Commission régionale et inscrits depuis au titre des Monuments historiques. Sur ces 70 dossiers initiaux, 7 ont été proposés au classement et 6 sont désormais protégés, dont le centre historique minier, aux côtés de l’ancienne fosse Mathilde à Denain, le site du 11/19 à Loos-en-Gohelle, le bâtiment et la machine d’extraction de l’ancienne fosse n°2 à Oignies, l’église Sainte Barbe à La Sentinelle et l’ancien site minier de la fosse Arenberg à Wallers. L’ambition de cette campagne était de « protéger et valoriser les traces de la vie du mineur depuis la découverte du charbon jusqu’à la fin de l’exploitation, au cours des XIXe et XXe siècles », afin d’accompagner la candidature de l’ensemble du bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco, au titre du paysage culturel évolutif.
Vingt ans après que cette page de l’histoire de la région se soit tournée, ces démarches offrent une réelle opportunité de s’interroger sur l’importance du patrimoine minier. Dans cette perspective, le centre historique minier vient de publier les actes du colloque international Les paysages de la mine, un patrimoine contesté ? organisé en novembre 2008 à Lewarde en collaboration avec le CILAC (comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel). L’ouvrage (232 p. ISBN : 978-2-915507-04-1) rassemble les contributions de ces journées d’études consacrées à la réflexion sur les mutations des paysages créés ou transformés par les mines de charbon ou par d’autres minerais (uranium, cuivre, bauxite…), sur les aménagements des territoires ainsi que sur les politiques de reconversion et de patrimonialisation en France mais également en Italie, en Angleterre, en Slovaquie, en Allemagne, en Belgique, en Pologne et au Canada.
Renseignements :
Centre historique minier
Fosse Felloye – BP 30039
59287 Lewarde
téléphone + 33 3 27 95 82 82
contact@chm-lewarde.com
Publié le 8 février
