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Ouvrages du Muséum
Rarement l’histoire d’un musée se sera confondue au sort d’un animal comme celle du muséum d’Histoire naturelle de Toulouse à celui de la girafe. Bête de cirque vouée aux foires et aux exhibitions, la girafe d’Abyssinie arrive à Toulouse par hasard en 1843, au gré des pérégrinations du montreur d’animaux qui la possède. C’est à Toulouse que la girafe meurt en janvier 1844, tuée par les rigueurs de l’hiver occidental. Après avoir été portée de ville en ville durant sa courte vie, elle a pour destin posthume de servir la science : la dépouille qui échoit aux scientifiques toulousains est ainsi le premier spécimen dont l’anatomie a été analysée et décrite avec précision. La girafe fut en effet l’objet d’une étude qui fit date en Zoologie. Conscient de l’importance de l’événement, Nicolas Joly, professeur de Zoologie à la faculté des Sciences de Toulouse, choisit ainsi de s’entourer des experts de son temps pour approfondir la connaissance de cet animal. Par ailleurs, afin de rassembler et de diffuser ses travaux, il fit appel à des artistes et des artisans toulousains comme l’illustrateur Léon-Antoine Soulié et le taxidermiste Henry Traverse.
Deux livres naquirent de cette collaboration des savoirs : le texte intégral de l’un et les planches anatomiques de l’autre sont proposés dans l’ouvrage La Girafe : un curieux mammifère venu d’Abyssinie (127 p. ISBN : 978-2-906702-06-6) publié par le muséum de Toulouse et qui restitue l’histoire de l’arrivée de la girafe dans l’établissement, depuis l’étude initiale et la première naturalisation, et retrace, grâce aux photographies prises par Eugène Trutat, conservateur puis directeur du muséum, les différentes étapes de la restauration de l’animal au début du XXe siècle.
Tout naturellement, la girafe devint une des premières résidentes du muséum, dès son ouverture en 1865. Elle fut exposée dans la grande galerie de Zoologie au milieu des grands squelettes. Au cours des 10 ans de rénovation du muséum, la girafe est restée sur place, protégée par une caisse en bois. En 2007, elle a été partiellement restaurée car la peau était fragilisée : de façon à conserver le caractère originel du spécimen, les restaurations se sont limitées aux opérations de nettoyage et à celles qui participent à sa solidité et sa pérennité.
La girafe est l’emblème du muséum refondé, les visiteurs peuvent la voir, toujours au premier étage, installée désormais dans la médiathèque Émile-Cartailhac. L’animal a également donné son nom à une collection d’ouvrages « Les cahiers de la Girafe » édités par le muséum.
Renseignements :
Muséum d’Histoire naturelle
35 allées Jules Guesde
31000 Toulouse
téléphone + 33 5 67 73 84 84
Publié le 24 février 2010
