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Île de Pâques - Le grand voyage

Du 8 juin 2010 Au 14 novembre 2010 - Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal

Une invitation au voyage et à la découverte de l’histoire et de la culture du peuple rapanui

Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal présente, du 8 juin au 14 novembre 2010,Île de Pâques, le grand voyage. Montréal sera ainsi l’hôte de cette exposition de classe mondiale, la plus importante des dernières années sur l’Île de Pâques à exposer un tel rassemblement de pièces uniques et rares provenant de prêteurs prestigieux. Par le biais de plus de 200 objets, l’exposition fait revivre l’histoire fascinante des rapanui, peuple le plus isolé de la planète, en plus de mettre en valeur l’ampleur de sa culture, de sa créativité et de son esthétisme.

Un voyage de découvertes
L’Île de Pâques, terre minuscule de 164 km2 dont la plus proche civilisation est à plus de 2000 km est trois fois plus petite que l’île de Montréal, mais occupe une place immense dans le patrimoine de l’humanité. Grâce à une scénographie évocatrice, le public découvre le quotidien, l’organisation, le savoir, la production et les croyances de ce peuple.Île de Pâques, le grand voyagepropose aussi un éclairage nouveau sur l’histoire deRapa Nui(nom polynésien de l’île) en faisant écho aux découvertes archéologiques les plus récentes. Les connaissances et les hypothèses sur l’histoire et la culture de l’île continuent toujours d’intriguer et de fasciner les scientifiques.

L’exposition offre le privilège d’observer plus de 200 objets d’une remarquable qualité d’exécution provenant des plus prestigieux musées internationaux, une vingtaine en tout, dont le British Museum, le Metropolitan Museum of Art, l’American Museum of Natural History, le Peabody Museum of Archaeology and Ethnology, le Musée du quai Branly, le Musée national de la Marine, les Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, le Museo Missionario Etnologico du Vatican et le Museum für Völkerkunde de Vienne.

« C’est un réel privilège et un honneur pour Pointe-à-Callière de présenter cette exposition de classe mondiale sur l’Île de Pâques. Nous voulons offrir à nos visiteurs une chance exceptionnelle de se familiariser avec ce peuple méconnu en leur présentant ces superbes artefacts. Les habitants de cette île ont survécu aux pires calamités, mais ont en retour créé une culture unique et un art propre dont nous présentons une superbe sélection provenant des plus grands musées du monde. » déclare Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière.

27˚09’ sud de latitude par 109˚27’ ouest de longitude
Dès l’an 1000 de notre ère, des Polynésiens découvrirent Rapa Nui, après des milliers de kilomètres de navigation sans escale et grâce à de solides connaissances astronomiques, météorologiques et océanographiques. Ils surent s’adapter aux dures conditions de cette île volcanique, qui n’a rien d’un paradis terrestre. Heureusement, ils avaient apporté des animaux, des plantes et de formidables savoirs horticoles, en plus d’une riche tradition basée sur leurs croyances ancestrales, leurs dieux et leurs coutumes. Ainsi, ils réussirent à survivre sur cette terre aride. Ce ne fut que de nombreux siècles plus tard que les Occidentaux entreprirent le grand voyage vers cet endroit reculé, à la recherche de nouveaux territoires. Parmi ces explorateurs : le néerlandais Jakob Roggeveen, l’Espagnol Don Felioe Gonzales y Haedo, le Britannique James Cook, et les Français La Pérouse, Eugène Eyraud et Pierre Loti…

Les fascinants objets de l’Île de Pâques
Lesmoaien pierre, symbole bien connu de l’île dans l’imaginaire collectif, rappellent fort probablement la mémoire de chefs devenus des ancêtres. On retrouve environ 890moaisur l’île. La production aurait commencé peu après l’arrivée des Polynésiens, vers l’an 1000, et se serait poursuivie jusqu’au 17e siècle, avec un sommet aux 14e et 15e siècles. Si la plupart mesurent entre 3,5 et 5 m, on en retrouve de plus de 10 m. Beaucoup ont été installés sur unahu, une plateforme légèrement surélevée, à l’avant de laquelle se trouve une esplanade, qui servait sans doute pour diverses cérémonies.

Le motmoaisignifie « figuration » et donc ne désigne pas seulement les statues de pierre. On retrouve sur l’île de superbes sculptures de bois, beaucoup moins connues. Ces bois sculptés comptent des chefs-d’œuvre et témoignent de la richesse symbolique de l’univers rapanui. Ils représentent des êtres humains, des animaux et des esprits et témoignent du haut niveau d’expression atteint par la culture rapanui. L’exposition présente une impressionnante sélection de ces bois sculptés ainsi que d’autres magnifiques objets dont des pétroglyphes et des figurines à ossature de roseau recouverte detapa(étoffe d’écorce battue) cousu et peint en plusieurs couleurs. Puisque seulement sept figurines sont répertoriées dans le monde, c’est une très rare occasion que de pouvoir en admirer deux dans cette exposition, remarquablement préservées malgré leur fragilité.

Le culte des ancêtres et celui de l’Homme-Oiseau
La disparition brutale des arbres provoqua de profondes transformations psychologiques, sociales, économiques, architecturales et religieuses. Jusqu’alors, les Rapanui, en plus de vénérer dieux et esprits, vouaient un culte aux ancêtres disparus – et à leur roi, le vivant représentant du pouvoir divin sur Terre. Mais dans l’histoire plus récente de l’île, le culte au dieu Makemake, créateur des autres dieux et des humains, semble devenir prépondérant. Les pouvoirs de la régénération de la nature sont désormais confiés à un nouveau personnage, « l’Homme-Oiseau », désigné lors d’une compétition annuelle. Pendant une année, cet Homme-Oiseau, investi de pouvoirs sacrés à l’instar du roi, représente le dieu Makemake.

L’écriture rongorongo
Dans toute la Polynésie, c’est uniquement à Rapa Nui que se développa un système d’écriture – qui défie encore de nos jours les épigraphistes. On a répertorié environ 120 signes rongorongo, en quelque 500 combinaisons. On y reconnaît : animaux, plantes, hameçons, insignes de puissance, parties du corps, croissants de lune… Ils ont généralement été gravés sur les deux faces de tablettes de bois. Selon la tradition, seuls des chantres de nobles familles, appelés tangata rongorongo, étaient capables de graver les signes, de lire et de manipuler ces tablettes. Les visiteurs pourront voir une tablette et des pièces portant des symboles rongorongo, présentés pour la première fois au Canada.

Une mutation majeure du paysage
Rapa Nui était autrefois couverte de forêt, mais les arbres ont disparu, et ce, en quelques décennies seulement, entre 1650 et 1722. Plusieurs hypothèses ont été évoquées, certaines farfelues, mais la plus réaliste serait celle d’un changement climatique provoqué par une activité particulièrement intense du phénomène El Niño, soit un réchauffement des eaux du Pacifique Sud pouvant entrainer une sécheresse. La disparition des arbres a provoqué de profondes transformations psychologiques, sociales, économiques, architecturales et religieuses. Les habitants de l’île ont toutefois encore une fois démontré leur immense capacité d’adaptation en optant pour de nouvelles pratiques.

Rapa Nui au temps des explorateurs
La fin de l’exposition nous ramène au temps présent, en témoignant du choc de la rencontre des mondes occidental et rapanui. Mentionnons notamment la « découverte » de l’île par des explorateurs néerlandais le jour de Pâques de 1722 et le terrible rapt de 1862, alors que la moitié de la population rapanui fut emmenée au Pérou en esclavage. Les visiteurs pourront aussi visionner un film fascinant, tourné en 1934-1935 lors de la mission de recherche de l’archéologue belge Henri Lavachery et de l’ethnologue franco-suisse Alfred Métraux, par un jeune réalisateur hollandais John Fernhout. Des images rares.

Rapa Nui jusqu’à nos jours
De nos jours, près de 40 000 touristes visitent Rapa Nui chaque année, contribuant aux revenus des quelque 4000 résidants, dont la moitié sont d’ascendance rapanui. Peuple accueillant, les Rapanui prennent conscience de la valeur unique de leur patrimoine et de la pression importante qu’exerce le tourisme sur les vestiges déjà fragilisés par l’érosion. Les archéologues, pour leur part, en collaboration avec des chercheurs océaniens, européens et nord-américains, continuent de faire avancer les connaissances sur l’histoire de ce peuple dont l’immense capacité d’adaptation a été démontrée à plusieurs reprises.

Île de Pâques, le grand voyage, la publication
Réalisé par Pointe-à-Callière, le catalogue constituera un ouvrage incontournable sur l’archéologie rapanui. En 160 pages abondamment illustrées, l’ouvrage présentera la totalité des objets de l’exposition, en plus d’offrir quatre articles rédigés par d’éminents spécialistes de l’Île de Pâques : Michel Orliac, archéologue, Nicolas Cauwe, Conservateur des collections d’Océanie des Musées royaux d’Art et d’Histoire (Belgique), Directeur de la mission archéologique belge à l’île de Pâques, Georgia Lee, docteure en Archéologie à UCLA, spécialiste de l’art rupestre, et docteure Jo Anne Van Tilburg, directrice du Easter Island Statue Project et professeure au Cotsen Institute of Archaeology at UCLA. Ce document sera disponible à la boutique du Musée.

- Renseignements :
Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal 350, place Royale Vieux-Montréal (Québec) H2Y 3Y5, Tél. : 514 872-9150

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Publié le 8 avril 2010

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